
Le chaos en altitude comme terrain de jeu…
Verdict d’entrée
Avec Fight or Flight, James Madigan signe une comédie d’action d’un culot réjouissant, qui assume jusqu’au bout son postulat absurde et son goût pour la démesure. Porté par un Josh Hartnett en roue libre contrôlée, le film avance à un rythme soutenu, trouvant un équilibre étonnamment solide entre humour, violence graphique et énergie burlesque.
Synopsis (sans spoiler)
Un ancien agent reconverti malgré lui se retrouve coincé à bord d’un vol commercial transformé en champ de bataille aérien. Entre alliances improbables, menaces multiples et objectifs contradictoires, le trajet vire rapidement au carnage ludique. L’avion devient alors un espace clos où chaque mètre carré peut basculer en scène d’action.
Les atouts majeurs
Le premier atout du film réside dans son postulat de départ joyeusement absurde, assumé sans détour. James Madigan ne cherche jamais à crédibiliser excessivement la situation : il en exploite au contraire l’invraisemblance comme moteur narratif. Cette frontalité rappelle l’approche de Bullet Train (2022), mais Fight or Flight s’en distingue par un cadre encore plus contraint et une volonté constante de surenchère.
Cette approche déjantée et audacieuse apporte un vrai souffle de fraîcheur au genre hybride action/espionnage. Le film joue avec les codes — agents secrets, cibles mouvantes, retournements — tout en les tordant vers une comédie noire assumée. Les dialogues courts, souvent ironiques, servent une mise en scène qui privilégie la lisibilité de l’action sans sacrifier le chaos ambiant.
Mais le cœur du film reste la performance délicieusement débridée de Josh Hartnett. L’acteur, visiblement libéré de toute posture héroïque classique, s’investit corps et âme dans un rôle oscillant entre fatigue existentielle et folie pure. Son jeu physique, son sens du timing comique et sa capacité à passer d’un registre à l’autre évoquent parfois l’auto-dérision musclée de The Nice Guys (2016), tout en conservant une brutalité plus frontale.
Enfin, le film revendique pleinement son statut de divertissement amusant et nerveux, ponctué de scènes de combat brutales et sanglantes. Les affrontements sont secs, inventifs, souvent excessifs, mais jamais gratuits. La violence, stylisée sans être aseptisée, participe au ton global : ici, les coups font mal, le sang coule, et le rire naît souvent de cette collision entre brutalité et absurdité.
Les faiblesses et limites
Cette générosité a néanmoins un revers. Certains personnages secondaires — notamment ceux incarnés par Charithra Chandran et Katee Sackhoff — manquent d’un développement plus approfondi. Le film préfère les utiliser comme leviers narratifs immédiats plutôt que comme figures pleinement construites, ce qui limite parfois leur impact émotionnel.
De plus, la surenchère permanente finit par réduire la portée de certaines idées visuelles pourtant prometteuses. Là où un temps de respiration aurait permis de renforcer la tension, James Madigan choisit systématiquement l’accélération, au risque d’un léger essoufflement dans le dernier acte.
Conclusion et recommandation
Fight or Flight s’adresse avant tout aux amateurs de cinéma d’action décomplexé, qui apprécient les expériences hybrides et l’humour noir assumé. Idéal en salle pour profiter de son énergie collective et de son montage nerveux, le film trouvera aussi parfaitement sa place en streaming, comme plaisir immédiat et généreux.
Dans la continuité des comédies d’action contemporaines qui privilégient le ton à la vraisemblance, le film s’impose comme une proposition cohérente et étonnamment maîtrisée. Sans révolutionner le genre, Fight or Flight rappelle qu’un concept simple, poussé jusqu’au bout avec conviction, peut encore offrir un divertissement franchement jubilatoire.
En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
Discussion
Pas encore de commentaire.