
A Good Man (2014) : ascèse martiale et action à petit budget !
Verdict d’entrée
A Good Man s’inscrit dans la droite ligne des productions tardives de Steven Seagal : un film d’action modeste, porté par une posture plus que par une mise en scène ambitieuse. Si l’ensemble peine à convaincre sur le plan cinématographique, il conserve un intérêt ponctuel pour les amateurs curieux d’un certain cinéma d’exploitation contemporain et pour ceux qui suivent l’évolution du mythe Seagal.
Synopsis (sans spoiler)
Après avoir tenté de se retirer d’un passé violent, Alexander (Steven Seagal) se retrouve malgré lui entraîné dans une guerre de gangs opposant un syndicat criminel asiatique à la mafia russe. Témoin d’un massacre et protecteur improvisé d’une jeune femme en danger, il reprend les armes pour rétablir une forme de justice personnelle, guidé par un code moral aux accents spirituels.
Les atouts majeurs
Le principal intérêt du film réside dans la continuité thématique que Steven Seagal entretient depuis des décennies avec une certaine philosophie asiatique. Ici encore, son personnage se définit par la retenue, la discipline et une vision quasi zen de la violence, perçue comme un mal nécessaire plutôt qu’un plaisir. L’usage d’un sabre court – évoquant un kodachi ou un wakizashi – n’est pas anodin : il symbolise une voie martiale ancienne, plus introspective que spectaculaire, et inscrit le personnage dans une mythologie personnelle que Seagal recycle film après film.
Keoni Waxman, collaborateur régulier de l’acteur, adopte une mise en scène fonctionnelle, sans réelle signature, mais relativement lisible dans les scènes de confrontation. Le récit avance sans détours inutiles, et le film ne cherche jamais à se donner une ampleur qu’il ne peut assumer. Dans ce cadre restreint, certains seconds rôles tirent leur épingle du jeu, notamment Victor Webster, dont le personnage s’avère plus mobile, plus expressif et finalement plus engagé physiquement dans l’action que la star elle-même. Sa présence apporte un semblant de dynamisme et de tension dramatique à un ensemble souvent figé.
Les faiblesses et limites
Les limites de A Good Man sont toutefois nombreuses et difficiles à ignorer. Le scénario repose sur des archétypes éculés du cinéma de vigilante movie, sans réelle variation ni surprise narrative. La photographie est pauvre, souvent plate, évoquant davantage une production télévisuelle qu’un film destiné à une exploitation cinéma. Le montage, parfois haché, trahit les contraintes de tournage et accentue l’impression de substitution lors des scènes de combat.
Steven Seagal, quant à lui, livre une performance monolithique, fidèle à son image récente : peu de déplacements, une expressivité minimale, et un recours évident à des doublures pour les affrontements physiques. Cette distanciation entre le mythe du combattant invincible et la réalité de sa mise en scène affaiblit considérablement l’impact dramatique du film. Là où ses œuvres des années 1990 parvenaient à fusionner corps, idéologie et action, A Good Man se contente d’en recycler les symboles.
Conclusion et recommandation
A Good Man s’adresse avant tout aux complétistes de la filmographie de Steven Seagal et aux amateurs de séries B d’action tournées à l’économie. À découvrir de préférence en streaming, dans un contexte détendu, sans attentes excessives. Dans le parcours de Keoni Waxman et dans la carrière tardive de Seagal, le film apparaît comme une œuvre mineure, symptomatique d’un cinéma d’action en bout de course, où l’intention philosophique survit difficilement à des moyens trop limités pour lui donner corps.

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