Action, Aventure, Science fiction, Super-Héros

VENOM : THE LAST DANCE (2024) ★★★☆☆


Venom - The Last Dance (2024)

 

Venom : The Last Dance – Le chaos comme ultime terrain d’entente !

Verdict d’entrée

Avec Venom : The Last Dance, Kelly Marcel signe le chapitre le plus introspectif – et paradoxalement le plus débridé – de la saga. Tom Hardy y confirme son emprise totale sur une franchise qui repose presque entièrement sur son sens du contraste : vulnérabilité brute et énergie anarchique. Pourtant, l’équilibre fragile entre comédie, drame intime et science-fiction survit difficilement à la surenchère finale.

Synopsis (sans spoiler)

Eddie Brock et son symbiote tentent de survivre à la fois littéralement et symboliquement : poursuivis, fragmentés, contraints de se réinventer, ils doivent affronter un adversaire qui remet en jeu la nature même de leur lien.

Les atouts majeurs

Ce troisième opus affirme clairement une ambition : explorer la relation Eddie/Venom comme une forme d’amour toxique mais indissociable. Là où les deux premiers films utilisaient cette dynamique comme un ressort comique, The Last Dance s’en empare pour interroger la fusion identitaire, presque à la manière d’un récit fantastique des années 80 (on pense parfois à The Fly de David Cronenberg pour la tension organique, ou à An American Werewolf in London pour le mélange d’horreur et d’humour).

La réussite la plus éclatante est sans surprise Tom Hardy lui-même, toujours crédité comme co-architecte du personnage. Sa manière de jouer simultanément l’épuisement, l’addiction mutuelle et une forme de complicité tordue offre au film une humanité inattendue. Le duo qu’il forme avec Venom atteint ici une expressivité quasi burlesque : corps tordu, dialogue intérieur extériorisé, ruptures de ton assumées. Cette dynamique devient le moteur dramaturgique du récit.

La mise en scène de Kelly Marcel, plus affirmée que celle de ses prédécesseurs, adopte une approche presque « chorégraphique » du chaos. Certaines séquences d’action sont montées avec une nervosité qui évoque parfois le travail de Ruben Fleischer, mais en plus fragmenté, comme si le film cherchait à matérialiser la dissonance mentale d’Eddie. Le traitement sonore participe pleinement de cette expérience : grognements organiques, réverbérations internes, jeux de spatialisation – Venom existe dans l’espace comme une présence intrusive.

Sur le plan thématique, le film ose un terrain inattendu pour une production super-héroïque : la question du consentement dans une fusion forcée. Eddie veut reprendre le contrôle, Venom veut s’assumer comme entité complète. Leur rupture temporaire, puis leur réconciliation en demi-teinte, confèrent au récit une dimension presque psychanalytique.

Mention particulière aux seconds rôles : Chiwetel Ejiofor impose une autorité implacable, Rhys Ifans apporte une rugosité bienvenue, et Stephen Graham trouve des nuances là où le scénario aurait pu se contenter du fonctionnel.

Les faiblesses et limites

L’ambition tonale du film est à double tranchant. En cherchant simultanément la comédie grotesque, la dystopie organique et la tragédie intime, The Last Dance manque parfois d’une cohérence interne qui permettrait à ces registres de dialoguer pleinement. Certaines transitions paraissent abruptes, d’autres idées dramatiques se diluent dans un excès de stimuli visuels.

L’acte final, massif et bruyant, succombe à une forme d’épuisement esthétique. Là où Marcel semblait vouloir resserrer le film autour du lien Eddie/Venom, le scénario cède finalement à la tentation du gigantisme propre aux franchises Marvel associées, sacrifiant la singularité du propos sur l’autel du spectacle.

Enfin, la gestion de certains personnages secondaires – notamment ceux interprétés par Temple de Junon ou Alanna Ubach – peine à dépasser le rôle de simple levier narratif, ce qui contraste avec la densité accordée au tandem principal.

Conclusion et recommandation

Venom : The Last Dance s’adresse avant tout à celles et ceux qui considèrent la franchise comme une anomalie attachante dans le paysage super-héroïque : imparfaite, baroque, souvent bancale, mais portée par une liberté de ton qui la distingue des récits plus formatés du genre. Les amateurs d’action brute y trouveront leur compte, même si le film prend tout son sens lorsqu’il creuse le lien déchirant – et finalement touchant – entre Eddie et Venom.

À voir en salle pour profiter pleinement du travail sonore et de l’énergie physique de Tom Hardy. Dans la filmographie de Kelly Marcel, il s’agit d’une œuvre de transition, un terrain d’expérimentation où l’identité des personnages prévaut sur la mécanique du blockbuster. Une conclusion imparfaite, mais sincère, à une trilogie qui aura toujours préféré le chaos vibrant à la maîtrise académique.


 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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