
The Old Guard 2 : l’immortalité en bout de souffle…
Verdict d’entrée
En cherchant à élargir son univers et à densifier sa mythologie, The Old Guard 2 trahit paradoxalement ce qui faisait la force du premier volet : une narration tendue et une action incarnée. Pénalisé par une mise en scène peu inspirée et un rythme haché, ce second épisode donne le sentiment qu’une franchise à peine née accuse déjà un sérieux coup de vieux.
Synopsis (sans spoiler)
Andy et son groupe d’immortels poursuivent leur combat clandestin pour protéger l’humanité, tout en affrontant les conséquences de leurs choix passés. L’apparition de nouvelles figures et la révélation d’anciens secrets viennent fissurer l’équilibre fragile de l’équipe. Cette suite entend explorer plus frontalement le poids du temps et de la mémoire chez des êtres condamnés à survivre à toutes les époques.
Les atouts majeurs
Sur le papier, The Old Guard 2 conserve l’un de ses atouts structurants : un mélange assumé de combats à mains nues et de gunfights. Certaines séquences rappellent encore l’efficacité brute du premier film, notamment lorsque la chorégraphie privilégie la lisibilité et le corps-à-corps, plutôt qu’un montage frénétique. Charlize Theron reste crédible dans la peau d’Andy, imposant une physicalité sèche et un regard lassé qui traduisent bien la fatigue existentielle de son personnage.
Le film tente également d’approfondir son propos sur l’immortalité, non plus comme simple gimmick d’action, mais comme fardeau moral et historique. L’idée de confronter ces personnages à leur propre obsolescence, dans un monde qui change plus vite qu’eux, est pertinente et aurait pu nourrir un thriller fantastique plus mélancolique. À ce titre, certaines scènes de dialogue esquissent une réflexion intéressante sur la perte de sens et la répétition éternelle des mêmes combats.
Les faiblesses et limites
Le principal écueil réside dans le rythme, nettement plus haché que dans The Old Guard (2020) de Gina Prince-Bythewood . Les temps morts s’étirent entre deux scènes d’action sans que la tension dramatique ne s’y substitue réellement. Plusieurs sous-intrigues — notamment celles liées aux nouveaux personnages — sont introduites puis abandonnées, ce qui fragmente le récit et dilue l’enjeu central.
La réalisation de Victoria Mahoney peine à trouver une identité visuelle forte. Là où le premier film s’appuyait sur une sobriété efficace, ce second opus multiplie les transitions convenues et les cadres fonctionnels, sans véritable sens du crescendo. Cette neutralité formelle nuit particulièrement aux scènes d’action, qui manquent souvent d’impact malgré leur potentiel chorégraphique.
La déception la plus notable concerne la prestation d’Uma Thurman. Annoncée comme un événement, sa présence reste en deçà des attentes. Ses scènes de combat, bien que correctement exécutées, souffrent inévitablement de la comparaison avec Kill Bill de Quentin Tarantino (2003–2004), où chaque mouvement participait à une véritable mise en scène du mythe. Ici, son personnage manque d’épaisseur et semble prisonnier d’un arc narratif inabouti.
Conclusion et recommandation
The Old Guard 2 s’adresse avant tout aux spectateurs ayant apprécié le premier volet et désireux de connaître la suite de cette mythologie inachevée. Le film se prête davantage à un visionnage en streaming qu’à une expérience en salle, tant son impact repose plus sur la continuité narrative que sur le spectaculaire.
Dans la trajectoire encore balbutiante de la franchise, ce deuxième épisode fait figure de transition maladroite. Sa fin ouvertement inachevée appelle clairement un troisième opus, ne serait-ce que pour conclure l’arc amorcé ici. Reste à espérer que cette éventuelle suite saura resserrer son récit et redonner à ces immortels une énergie que le temps — cinématographique, cette fois — semble déjà leur avoir retirée.
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