
90 minutes sous pression à 10 000 mètres !
Verdict d’entrée
Thriller d’action nerveux et sans temps mort, Passenger 57 mise sur une situation de quasi huis clos pour transformer un avion de ligne en arène de violence tendue. S’il respecte scrupuleusement les codes du cinéma d’action populaire du début des années 1990, le film se distingue surtout par un antagoniste mémorable et par son rôle clé dans l’ascension de Wesley Snipes comme nouvelle figure du genre.
Synopsis (sans spoiler)
Ancien policier reconverti en expert en sécurité aérienne, John Cutter embarque sur un vol commercial qui transporte, à son insu, un dangereux criminel escorté par les autorités. Lorsque l’avion est détourné en plein vol, John Cutter se retrouve contraint d’improviser pour protéger les passagers et reprendre le contrôle de la situation, seul contre tous, dans un espace confiné où chaque erreur peut être fatale.
Les atouts majeurs
La grande force de Passenger 57 réside dans son méchant, incarné par Bruce Payne. Son Charles Rane est un terroriste glaçant, cultivé, méthodique et ouvertement sadique. Brunce Payne vole littéralement la vedette à la star du film : son jeu froid, presque clinique, évoque l’aura inquiétante d’Hannibal Lecter dans Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme (1991), au point de donner à chaque scène où il apparaît une tension palpable. Là où beaucoup de films d’action de l’époque se contentaient d’antagonistes fonctionnels, Passenger 57 offre un véritable prédateur intellectuel.
Face à lui, Wesley Snipes impose un héros sec, expéditif, presque brutal. Son physique athlétique, sa diction tranchante et son absence de fioritures annoncent clairement la star d’action qu’il deviendra quelques années plus tard. Le film a d’ailleurs rapporté un total mondial d’environ 66 millions de dollars, un succès notable pour une production modeste, et a joué un rôle décisif dans le lancement de Wesley Snipes comme valeur sûre du cinéma d’action des années 1990.
La mise en scène de Kevin Hooks est efficace sans être ostentatoire. Il exploite intelligemment les couloirs étroits, la cabine et le cockpit pour renforcer la sensation d’enfermement. Cette proximité constante avec le danger inscrit le film dans la lignée de Piège de cristal (1988) de John McTiernan ou Under Siege (1992) d’Andrew Davis , où un homme seul affronte une menace organisée dans un espace clos.
Les faiblesses et limites
Le scénario, en revanche, ne cherche jamais à dépasser son cahier des charges. Certains personnages secondaires — notamment les membres d’équipage — sont esquissés à gros traits et servent davantage de leviers narratifs que de figures crédibles. De plus, le film accumule quelques facilités, notamment dans la manière dont le héros surmonte certains obstacles logistiques ou physiques, au mépris de toute vraisemblance aéronautique.
Sur le plan thématique, Passenger 57 reste fermement ancré dans une vision manichéenne de la violence. Les amateurs de cinéma plus introspectif ou de la nouvelle vague, sensibles à l’ambiguïté morale ou à la déconstruction du genre, risquent de s’en détourner, voire de s’en abstenir complètement.
Conclusion et recommandation
Passenger 57 s’adresse avant tout aux amateurs de cinéma d’action direct, tendu et sans détours, idéal pour une séance de divertissement en streaming ou lors d’une soirée nostalgie années 1990. Dans la filmographie de Wesley Snipes, il constitue une pierre angulaire, annonçant ses rôles plus emblématiques à venir. Sans révolutionner le genre, le film en maîtrise parfaitement les mécanismes, porté par un méchant d’exception qui, à lui seul, justifie encore aujourd’hui le voyage à bord de ce vol sous haute tension.
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