Horreur, Netflix, Thriller, Zombie

28 YEARS LATER (2025) ★★★★☆


28 Years Later (2025)

 

Vingt-huit ans plus tard : la contamination du monde intérieur…

Verdict d’entrée

Avec 28 Years Later (2025), Danny Boyle ne signe pas un simple retour nostalgique à l’univers infecté qui a marqué le cinéma des années 2000. Il propose une expérience sensorielle éprouvante, parfois déroutante, qui transforme la survie en état mental autant qu’en condition physique. Une œuvre âpre, risquée, mais résolument vivante.

Synopsis (sans spoiler)

Près de trois décennies après l’apparition du virus de la rage, l’humanité subsiste dans des enclaves fragiles, rongées par la peur et la mémoire du chaos. Alors que de nouvelles générations ont grandi dans l’ombre de l’infection, un événement va fissurer l’équilibre précaire établi depuis des années. La menace n’est plus seulement biologique : elle est aussi sociale, politique et intime.

Les atouts majeurs

28 Years Later (2025)

28 Years Later (2025)

Le premier choc vient de l’atmosphère. Danny Boyle et son scénariste historique Alex Garland optent pour une mise en scène hallucinatoire et moite, saturée d’images instables, de textures numériques agressives et de ruptures de ton brutales. Cette esthétique, déjà esquissée dans 28 Days Later (2002), est ici poussée à l’extrême : le monde semble fiévreux, comme filmé depuis l’intérieur d’un esprit contaminé. Un parti pris qui ne cherchera jamais à rassurer le spectateur, et c’est précisément là que le film se distingue — même si cette prise de risques ne plaira pas à tous, elle a de quoi saluer l’audace du tandem Danny Boyle/Alex Garland.

L’interprétation soutient pleinement cette approche. Jodie Comer impose une présence intense, jouant sur une palette émotionnelle tendue où la retenue vaut souvent plus que l’explosion. Aaron Taylor-Johnson apporte une physicalité nerveuse, tandis que Ralph Fiennes incarne une figure ambivalente, presque spectrale, qui semble porter le poids moral de l’ancien monde. Le casting fonctionne comme un chœur dissonant, chaque personnage reflétant une manière différente de survivre à la catastrophe.

Sur le plan thématique, 28 Years Later dépasse le simple survival horrifique. Danny Boyle ausculte une société post-crise hantée par la peur de la rechute, évoquant en creux des angoisses contemporaines liées aux pandémies, à la radicalisation et à l’effritement du lien collectif. À ce titre, le film dialogue davantage avec la dystopie fiévreuse de Children of Men (2006) qu’avec les codes du zombie-movie purement mécanique.

Les faiblesses et limites

Ce choix esthétique radical constitue aussi la principale limite du film. L’ambiance suffocante, le montage parfois abrasif et la narration volontairement elliptique peuvent créer une distance émotionnelle. Certaines sous-intrigues — notamment autour de personnages secondaires — restent à peine esquissées, comme sacrifiées sur l’autel de l’immersion sensorielle. Là où 28 Weeks Later (2007) cherchait un équilibre plus classique entre action et récit, ce nouvel opus assume une forme plus fragmentaire, quitte à frustrer les amateurs de progression dramatique linéaire.

Conclusion et recommandation

28 Years Later s’adresse avant tout à un public averti, prêt à accepter une expérience inconfortable et exigeante. Idéalement découvert en salle, pour profiter pleinement de sa bande-son abrasive et de sa mise en scène viscérale, le film confirme Danny Boyle comme un cinéaste toujours prêt à remettre en jeu ses propres codes.

Son succès commercial — 151,3 millions de dollars au box-office mondial, dont 70,4 millions aux États-Unis et au Canada, et 80,8 millions dans le reste du monde — prouve que cette radicalité peut encore trouver un large écho.

Surtout, le film s’inscrit comme le premier volet d’une trilogie annoncée : en avril 2024, Nia DaCosta aurait été en négociations pour réaliser une suite (le deuxième chapitre), avec Danny Boyle, Garland, Andrew Macdonald, Peter Rice et Bernie Bellew à la production. Macdonald a également évoqué la possibilité d’un troisième volet, rappelant explicitement l’ambition d’une structure en trois temps. Plus qu’un simple retour, 28 Years Later apparaît ainsi comme une mutation : celle d’une saga qui, en vieillissant, a choisi de regarder le monde droit dans les yeux, sans antidote.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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