Action, Crime - Policier, Thriller

MURPHY’S LAW (1986) ★★★☆☆


Murphy's Law (1983)

 

Sur la ligne rouge : Bronson face à la fureur !

Verdict d’entrée

Film charnière de la période 80’s de Charles Bronson, Murphy’s Law assume un polar urbain brutal, secoué de sursauts d’extrême violence. Lassant par moments dans sa mécanique répétitive, il reste pourtant trop chargé en tensions et en audaces pour sombrer dans l’ennui. Surtout, il montre Bronson dans l’une de ses performances les plus solides de la décennie.

Synopsis (sans spoiler)

Jack Murphy, flic lessivé et hanté par son passé, se retrouve accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Contraint de fuir avec une jeune délinquante braillarde, il doit laver son nom tout en déjouant la traque implacable d’une tueuse déterminée.

Les atouts majeurs

Avec Murphy’s Law, J. Lee Thompson continue sa collaboration prolifique avec Charles Bronson, entamée avec The Mechanic et intensifiée via la saga Death Wish. Ici, le réalisateur affine un style plus nerveux, moins statique que dans leurs films précédents. Les ruelles nocturnes, cadrées avec une sécheresse quasi documentaire, rappellent parfois la rugosité d’un Walter Hill ou la noirceur urbaine de The French Connection.

Charles Bronson, souvent cantonné dans les années 80 à des rôles de vigilante monolithique, trouve ici davantage de nuances. Il incarne un homme brisé, colérique mais étrangement vulnérable, dont l’épuisement moral transparaît autant dans les silences que dans les éclats de violence. Ce n’est pas une transformation radicale, mais suffisamment notable pour faire de Murphy’s Law l’un de ses meilleurs rôles tardifs.

Le duo qu’il forme avec Kathleen Wilhoite surprend d’abord par son contraste — lui, bloc de granit taciturne ; elle, tornade verbale insupportable — mais finit par créer un équilibre intéressant, presque expérimental, dans la dynamique du thriller. Leur relation fonctionne moins sur l’émotion que sur le frottement constant, ce qui donne au récit une énergie instable mais unique.

Sur le plan technique, J. Lee Thompson signe un film plus ambitieux qu’il n’y paraît : montage vif, fusillades chorégraphiées avec une brutalité crue, musique synthétique qui ancre l’ensemble dans une époque où le polar flirtait volontiers avec le nihilisme. Certaines séquences, notamment de traque, trahissent une volonté de pousser les limites du genre sans basculer pleinement dans l’exploitation gratuite.

Les faiblesses et limites

Le film souffre d’une écriture qui tourne en rond : Murphy accumule les malheurs à un rythme presque mécanique, ce qui finit par diluer l’impact émotionnel. Les motivations de l’antagoniste, intéressantes sur le papier, manquent de profondeur à l’écran, réduisant un potentiel portrait de psychopathe à une pure fonction narrative.

Le ton, oscillant entre noirceur extrême et humour acerbe, ne trouve pas toujours sa cohérence. L’argot outrancier de Wilhoite — volontairement excessif — risque d’agacer plutôt que de dynamiser, et certaines situations flirtent avec la caricature, affaiblissant la tension dramatique. Enfin, la mise en scène, bien que solide, peine parfois à dépasser une grammaire visuelle typique des thrillers Cannon de l’époque.

Conclusion et recommandation

Murphy’s Law s’adresse aux amateurs de polar urbain rugueux, de récits de vengeance dégénérés et aux passionnés de la carrière tardive de Charles Bronson. À (re)voir de préférence dans de bonnes conditions visuelles pour apprécier son grain urbain et ses éclairages nocturnes. Dans la filmographie de J. Lee Thompson, c’est un titre mineur mais typique ; dans celle de Bronson, en revanche, c’est l’un des jalons les plus représentatifs de sa période 80’s, à mi-chemin entre tradition westernienne et thriller crépusculaire.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “MURPHY’S LAW (1986) ★★★☆☆

  1. Avatar de Olivier Demangeon

    Petite curiosité de tournage : Charles Bronson a insisté pour réaliser lui-même plusieurs cascades, malgré son âge et une blessure persistante au dos. J. Lee Thompson a même dû adapter certains plans pour préserver son endurance, ce qui renforce ce côté « flic usé ».
    Selon toi, ça se ressent à l’écran ?

    J’aime

    Publié par Olivier Demangeon | 21/12/2025, 10 10 32 123212

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