Drame, Horreur, Science fiction, Thriller

A QUIET PLACE: DAY ONE (2024) ★★★★☆


A Quiet Place Day One (2024)

 

Le silence en héritage : un préquel qui murmure plus qu’il ne hurle !

Verdict d’entrée

A Quiet Place: Day One prend le risque du décalage : moins terrifiant que les opus de John Krasinski, mais plus riche émotionnellement. Michael Sarnoski transforme l’apocalypse en expérience intime, portée par une Lupita Nyong’o bouleversante et un duo inattendu — elle, Joseph Quinn… et un chat nommé Frodo, véritable catalyseur dramatique.
Le film ne cherche pas l’escalade du frisson : il explore ce que le silence fait aux vivants.

Synopsis (sans spoiler)

Le film raconte les premières heures de l’invasion à New York — une ville où survivre nécessite soudain de taire tout ce qui faisait son identité sonore. Au milieu du chaos, Sam (Nyong’o) et Eric (Quinn) tentent de traverser la ville avec un objectif simple mais chargé de sens. Frodo, le chat de Sam, devient à la fois fardeau, boussole et lien vital.

Les atouts majeurs

Sarnoski, déjà auteur du sensible Pig, impose sa signature : une horreur plus contemplative que spectaculaire, ancrée dans les émotions avant tout. Là où Krasinski privilégiait la mécanique du suspense et la grammaire sonore, Sarnoski déplace l’enjeu vers la vulnérabilité humaine. Sa mise en scène, parfois proche du cinéma indépendant américain des années 2010 (on pense à Jeff Nichols pour le mélange intimiste–catastrophique), privilégie les plans fixes et les silences étirés. Cela crée une tension différente : moins explosive, mais plus diffuse.

 

Joseph Quinn, Lupita Nyong'o et Nico dans A Quiet Place Day One (2024)

Joseph Quinn, Lupita Nyong’o et Nico dans A Quiet Place Day One (2024)

Lupita Nyong’o livre une performance remarquable. Son jeu, d’une précision presque chirurgicale, porte le film vers une dimension existentielle : son regard devient un territoire de récit à lui seul. Joseph Quinn, loin de ses accents plus extravertis dans Stranger Things, adopte ici une retenue bienvenue. Leur chimie, fragile, maladroite et profondément humaine, constitue le cœur émotionnel du film.

Mais c’est Frodo, le chat, qui surprend le plus. Rarement un animal aura été filmé avec autant de pertinence narrative.
Il n’est pas un gimmick mignon, mais une présence qui éveille et structure la tension : un être vivant qui ne comprend ni les règles du silence ni la menace, et dont chaque mouvement peut briser l’équilibre.

Techniquement, le film reste un modèle de conception sonore — sans atteindre l’innovation du premier opus, mais en rappelant combien la franchise s’appuie sur le son comme matière dramatique. Le mixage accentue chaque micro-grincement, chaque froissement, dans une ville vidée d’elle-même. L’image, quant à elle, joue sur un contraste entre gigantisme urbain et isolement total : des compositions qui évoquent parfois La Route pour leur désolation digne et sans emphase.

Les faiblesses et limites

Le choix de réduire l’intensité horrifique divisera. Certains spectateurs regretteront l’absence de séquences aussi nerveusement maîtrisées que dans A Quiet Place ou A Quiet Place Part II. De même, le scénario assume une progression minimaliste, presque trop linéaire, qui peut donner l’impression d’un film moins ambitieux narrativement.

Par ailleurs, l’univers sonore — si efficace — réutilise certains procédés déjà vus dans la franchise, sans les renouveler pleinement. Le contraste entre la radicalité du premier volet et l’approche plus douce de celui-ci peut laisser une sensation de demi-mesure.

Conclusion et recommandation

A Quiet Place: Day One n’est pas un film conçu pour faire sursauter à intervalles réguliers : c’est un chapitre à part, un détour sensible dans une saga qui ne cesse d’explorer la peur sous différents angles. Les amateurs de suspense pur pourraient rester sur leur faim, mais ceux qui cherchent une œuvre post-apocalyptique ancrée dans l’humain — presque dans le quotidien bouleversé — y trouveront une richesse rare.

À voir en salle pour profiter pleinement du travail sonore, essentiel ici. Dans la filmographie de Sarnoski, il confirme une obsession : révéler la beauté fragile qui subsiste au milieu du chaos. Dans la franchise A Quiet Place, il représente un souffle nouveau, une respiration silencieuse, un regard décentré mais indispensable.

Un préquel qui ne hurle pas… mais qui résonne longtemps.

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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