Action, Arts Martiaux, Crime - Policier

THE HARD WAY (2019) ★★★☆☆


The Hard Way (2019)

 

Un chemin pavé de rage et de coups : l’efficacité brute de The Hard Way

Verdict d’entrée

The Hard Way n’est pas un film qui cherche à redéfinir le cinéma d’action, mais il assume avec franchise ce qu’il est : une série B musclée portée par un Michael Jai White impérial, dont la présence physique suffit à maintenir la tension. Keoni Waxman livre un récit de vengeance sans détour, épuré jusqu’à l’os, où la perte intime devient moteur d’une spirale inévitable de violence.

Synopsis (sans spoiler)

Lorsqu’un homme apprend que son frère est mort dans des circonstances troubles, il s’envole pour l’Europe de l’Est afin de traquer les responsables. Cette quête brutale le confrontera à un réseau criminel tentaculaire, où chaque pas vers la vérité exige un tribut de sang.

Les atouts majeurs

Keoni Waxman, habitué des collaborations avec Steven Seagal, signe ici l’un de ses films les plus homogènes. Sa mise en scène, dépouillée mais précise, rappelle parfois l’efficacité fonctionnelle de certains DTV des années 2000 : pas d’esbroufe, peu d’effets numériques tape-à-l’œil, mais une volonté claire de laisser l’action respirer. Les affrontements sont filmés avec une lisibilité rare dans ce segment du marché : plans serrés pour sentir l’impact, coupes nettes pour conserver le rythme, et chorégraphies qui exploitent pleinement les talents martiaux de Michael Jai White.

Ce dernier, justement, demeure la véritable force motrice du film. Sa carrure est filmée comme un instrument narratif : chaque coup porté traduit la douleur, la colère, la détermination d’un homme dévoré par la perte. Le thème de la vengeance, omniprésent, n’est pas traité avec la nuance d’un Man on Fire ou la stylisation opératique d’un John Wick, mais The Hard Way parvient tout de même à injecter une mélancolie sèche à travers ses silences et le regard sombre de son protagoniste.

La dynamique du duo WhiteLuke Goss fonctionne bien, exploitant le contraste entre force brute et froideur méthodique. Le montage, relativement sobre, évite le piège de la sur-découpe et assure une continuité bienvenue dans les gunfights comme dans les combats rapprochés. Visuellement, le film joue sur une photographie nocturne bleu acier et des décors roumains qui participent à l’atmosphère étouffante, presque crépusculaire.

Les faiblesses et limites

The Hard Way souffre toutefois d’un scénario minimaliste, souvent réduit à un enchaînement d’étapes attendues dans le registre « vengeance après la perte d’un proche ». Les dialogues manquent de profondeur et peinent à offrir à White une véritable palette émotionnelle au-delà de la rage contenue. Certains personnages secondaires ne sont qu’esquissés, parfois caricaturaux, ce qui affaiblit l’enjeu émotionnel pourtant central du récit.

Le film trahit également sa nature de production indépendante par des contraintes visibles : scènes indoor trop statiques, fusillades dont l’ampleur reste limitée, climax abrupt. À force d’efficacité brute, l’ensemble manque parfois d’ambition visuelle ou dramaturgique, empêchant l’œuvre de se hisser au-dessus de son statut assumé de série B.

Conclusion et recommandation

Sans révolutionner le genre, The Hard Way s’impose comme un divertissement solide, pensé pour les amateurs d’action frontale, de chorégraphies maîtrisées et de récits de vengeance dépouillés. Le film trouvera davantage sa place sur une plateforme de streaming que dans un contexte festivalier, où son absence de véritable prise de risque se ferait sentir.

Pour les passionnés de Michael Jai White, il constitue en revanche un passage obligé : l’acteur y livre l’une de ses performances les plus physiques de ces dernières années. Dans la filmographie de Keoni Waxman, c’est une œuvre plus cohérente que la moyenne, un exercice honnête et parfois percutant, qui assume sa nature de série B martiale sans jamais prétendre être plus que cela.

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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