Action, Crime - Policier, Série Télévisée

TULSA KING – SAISON 1 (2023) ★★★★☆


Tulsa King - S1 (2023)

 

Analyse de la saison 1 de Tulsa King : Stallone peut-il réinventer le mafieux télévisuel ?

Le pari risqué de Stallone

L’analyse de la saison 1 de Tulsa King commence par une évidence : confier à Sylvester Stallone – 76 ans lors du tournage – son premier rôle principal dans une série est un pari audacieux. Créée par Taylor Sheridan (Yellowstone, Mayor of Kingstown) et diffusée sur Paramount+, la série mêle drame criminel, satire sociale et fish-out-of-water comedy.

Le concept est limpide : Dwight « The General » Manfredi, soldat mafieux vieillissant, sort de prison après 25 ans et est exilé par son clan… à Tulsa, Oklahoma. Une sanction autant qu’une humiliation.

Dès les premières minutes, la question centrale émerge : la série repose-t-elle trop sur le charisme presque mythologique de Stallone, ou parvient-elle à construire un univers crédible et autonome ?
L’analyse de la saison 1 de Tulsa King montrera que cette tension constitue à la fois la force et la limite du projet.

La chimie entre comédie et drame criminel

Dwight Manfredi, le dernier rôle de Stallone ?

La principale attraction de la série reste la performance de Sylvester Stallone. Le personnage est taillé sur mesure : un mélange de virilité old-school, d’humour involontaire et d’autorité naturelle. Stallone joue Manfredi comme un survivant d’un autre temps, un homme qui traverse 2023 en parlant comme en 1985.

Une scène résume bien son essence old-school : lorsqu’il s’adresse à un jeune dealer local et lui lance, avec son calme menaçant habituel :
« Tu sais ce qu’on faisait aux gars qui manquaient de respect ? »
Tout est dans la voix, le sourire presque paternel, et la certitude absolue d’être l’alpha de la pièce.

Sa prestation est solide, même touchante par moments. Mais est-elle nuancée ? Oui, par intermittence : surtout dans les scènes où Dwight réalise que le monde qu’il retrouve ne fonctionne plus selon les codes qui l’ont façonné. Mais le personnage reste parfois trop monolithique, comme figé dans les archétypes sheridaniens du patriarche dur mais juste.

Le choc culturel et les enjeux narratifs

Le cœur narratif repose sur le contraste entre la mafia new-yorkaise et l’Oklahoma semi-rural, un décalage que Taylor Sheridan exploite avec son sens habituel des espaces américains et des tensions sociales. Tulsa devient une zone d’expérimentation : pas seulement pour Dwight, mais pour le genre mafieux lui-même.

L’efficacité est réelle : le dépaysement crée un humour discret mais constant, sans jamais complètement désamorcer l’enjeu criminel. L’intrigue, en revanche, oscille entre crédible et caricaturale. Le développement de l’empire local de Dwight est parfois trop rapide pour être réaliste, tout comme l’escalade du conflit avec les motards de Black Macadam.

Néanmoins, les personnages secondaires – Tyson, Bodhi, Stacy – apportent un contrepoids rafraîchissant, et certaines scènes fonctionnent remarquablement grâce à cette collision culturelle inattendue.

Rythme et qualité de l’écriture

C’est sur ce point que l’analyse de la saison 1 de Tulsa King devient plus critique. Le rythme de la saison est irrégulier : certains épisodes avancent trop vite, d’autres semblent se contenter d’accumuler des situations comiques sans réelle progression dramatique.

Le mélange comédie / violence fonctionne globalement, mais l’équilibre est fragile. L’humour naît du statut de « relique mafieuse » de Dwight, tandis que la violence rappelle constamment la signature de Sheridan. Mais parfois, la transition entre les deux tonalités manque de fluidité.

Le final de la saison, Épisode 9 : « Chaque chien a son jour », illustre cette ambivalence : l’affrontement final offre une montée en tension solide, mais la conclusion – notamment le retournement autour de Stacy – paraît précipitée. Le cliffhanger fonctionne, certes, mais laisse l’impression d’un potentiel sous-exploité.

Points forts et faibles : bilan critique

Les réussites

  • Stallone en pleine maîtrise : charisme intact, présence magnétique, humour involontaire parfaitement intégré.
  • Le contraste Tulsa/New York : un terrain original pour revisiter les codes du drame criminel.
  • Personnages secondaires attachants, qui offrent à Dwight une « famille » alternative crédible et souvent comique.

Les faiblesses

  • Écriture inégale : certains arcs scénaristiques semblent bâclés ou survolés.
  • Tonalité parfois mal calibrée : le passage du comique à la violence est parfois abrupt.
  • Antagonistes caricaturaux, notamment dans le dernier tiers, réduisant la tension dramatique.

Conclusion : verdict sur la relocalisation

L’analyse de la saison 1 de Tulsa King montre une série imparfaite mais authentiquement divertissante, portée par un Stallone en mode crépusculaire et souverain. Taylor Sheridan y injecte suffisamment de sa patte – sens du territoire, masculinité fatiguée, violence sèche – pour donner de l’épaisseur à un concept qui aurait pu sombrer dans la parodie.

La série s’adresse avant tout :
aux fans de Stallone, aux amateurs de récits criminels atypiques, et à ceux qui apprécient l’approche sheridanienne du monde américain contemporain.

Reste une question ouverte pour le spectateur : Dwight Manfredi a-t-il réellement un avenir hors de New York, ou sa relocalisation n’est-elle que le début d’une chute plus profonde ?

 

 


En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Avatar de Inconnu

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nombres de Visites

  • 571 326 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture