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GET FAST (2024) ★★☆☆☆


Get Fast (2024)

 

Get Fast (2024) : Quand la Série B s’essouffle en route !

Verdict d’entrée

Get Fast part avec l’ambition d’un polar nerveux mais peine à transformer l’essai.
Malgré quelques intentions visibles – un récit resserré, une distribution motivée et une atmosphère de polar urbain –
le film souffre d’un manque criant de moyens et d’un scénario trop ténu pour soutenir la tension promise.
Le résultat est un thriller qui tourne à vide, parfois sincère mais rarement convaincant.

Synopsis (sans spoiler)

Quand un braquage audacieux tourne mal et que son partenaire disparaît, un voleur chevronné se lance dans une mission de sauvetage improvisée. Pour retrouver sa trace, il doit s’aventurer au cœur du territoire d’un baron de la drogue redouté, où chaque pas l’enfonce un peu plus dans un engrenage de violence et de représailles.

Les atouts majeurs

James Clayton, ici à la fois réalisateur et acteur principal, montre une réelle volonté de composer un thriller classique
mais efficace. Son jeu, sans être mémorable, demeure l’un des éléments les plus solides du film. On sent chez lui l’envie
de transmettre une intensité brute, parfois rappelant les productions indépendantes des années 2000 où le minimalisme
servait de moteur dramatique.

Certaines scènes d’action – rares mais honnêtes – témoignent d’un savoir-faire modeste mais appliqué.
Le montage privilégie des plans plus longs que la moyenne du cinéma d’action actuel, cherchant davantage une tension rampante qu’un découpage épileptique à la John Wick. Cette respiration narrative peut, par moments, fonctionner.

On sent aussi une tentative, même maladroite, d’explorer la dimension humaine de certains personnages secondaires.
Le film cherche à introduire des échanges émotionnels censés donner de l’épaisseur psychologique, notamment entre Clayton et Elan Ross Gibson. Sur le papier, l’intention est louable.

Les faiblesses et limites

Le principal obstacle de Get Fast reste son budget minuscule – et malheureusement, il saute aux yeux.
La photographie manque de relief, avec une lumière plate qui écrase totalement les contrastes.
L’image évoque par moments une production télévisuelle du début des années 2010, loin des standards du thriller contemporain qui joue souvent sur des palettes dramatiques plus marquées.

L’absence de diversité dans les décors trahit également les contraintes financières : la majorité des scènes semblent tourner
autour de trois lieux majeurs (un entrepôt, une route de campagne, un conteneur, des bâtiments désafectés), donnant une impression de huis clos involontaire et de répétition visuelle. Cette limitation nuit directement au rythme, déjà mis à mal par des séquences inutilement rallongées pour atteindre une durée « cinéma ».

Le scénario, quant à lui, tient effectivement sur un timbre-poste. Les enjeux sont convenus, les rebondissements prévisibles,
et les ellipses mal gérées. Le film semble constamment chercher à remplir le vide plutôt qu’à l’habiter.
Les scènes émotionnelles apparaissent forcées, manquant de direction d’acteurs : Lou Diamond Phillips fait ce qu’il peut,
mais même lui ne peut compenser des dialogues trop mécaniques.

Enfin, la mise en scène peine à imposer un style. Là où d’autres productions low-budget compensent l’économie de moyens par une identité visuelle forte (on pense aux premiers films de Gareth Evans ou de Jeremy Saulnier), Get Fast adopte une
approche trop neutre pour marquer durablement.

Conclusion et recommandation

Get Fast s’adresse avant tout aux spectateurs indulgents envers les séries B policières indépendantes, ou à ceux curieux du travail de James Clayton. On le regarde davantage pour comprendre ce qui motive ce type de production low-cost que pour son apport réel au genre.

Pour les amateurs de thrillers plus aboutis, mieux vaut se tourner vers des films récents du circuit indépendant – souvent plus inspirés et inventifs malgré des budgets similaires. Get Fast n’est ni honteux ni catastrophique : simplement trop limité pour dépasser le stade de brouillon filmique.

À voir éventuellement en streaming, un soir où l’on cherche une curiosité sans exigence particulière.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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