
Vengeance sous pression : la loi du talion en pilote automatique
Verdict d’entrée
Avec Stand Your Ground, Fansu Njie livre un thriller d’action musclé qui aligne les confrontations brutales sans toujours réussir à construire une dramaturgie solide. Le film reste honnête dans son exécution physique, mais peine à sortir des sentiers battus. Une série B qui assume son ADN… sans jamais chercher à le dépasser.
Synopsis (sans spoiler)
Un homme, ancien membre des forces spéciales, se retrouve plongé dans une spirale de violence lorsqu’il croise la route d’un gang local. Très vite, la vengeance devient l’unique carburant d’une mécanique où le combat, le tir et la survie dictent chaque décision.
Les atouts majeurs
L’un des points forts du film réside dans son approche frontale de l’action. Daniel Stisen, massif et déterminé, incarne une figure quasi minérale de la vengeance, rappelant certains rôles physiques qu’on voit habituellement chez Dave Bautista ou Scott Adkins. Sa présence, purement kinesthésique, devient l’axe autour duquel tout gravite. Fansu Njie l’exploite avec une efficacité certaine dans les séquences rapprochées : corps à corps étouffants, gunfights nerveux, impacts lourds — un style qui évoque parfois les productions Millennium Films du début des années 2010.
À ses côtés, Peter Stormare et Eric Roberts apportent une dimension plus théâtrale, presque baroque, à leurs personnages secondaires. Leur simple apparition suggère immédiatement un passé, une autorité, une menace. Ils enrichissent un univers qui, autrement, serait réduit à une ligne de front binaire entre héros et antagonistes.
Sur le plan technique, le film trouve par moments un rythme efficace. Le montage, lorsqu’il accentue la rapidité des assauts, fonctionne d’autant mieux qu’il ne tente pas d’imiter le découpage chorégraphié d’un John Wick. Fansu Njie choisit une approche plus brute, plus sèche, parfois maladroite mais jamais précieuse. L’image, elle, joue sur une palette sombre et métallique qui renforce l’impression de monde clos, de chasse incessante.
Enfin, on ne peut ignorer l’un des enseignements implicites du récit : il ne faut jamais — absolument jamais — s’embrouiller avec d’anciens membres des forces spéciales. Le film en fait une règle quasi biblique, répétée à chaque affrontement. Et à ce jeu-là, il reste cohérent : qui s’y frotte s’y brûle… violemment.
Les faiblesses et limites
Là où Stand Your Ground déçoit davantage, c’est dans son écriture. Le scénario, extrêmement balisé, semble avancer par blocs plutôt que par intentions claires. Les enjeux émotionnels restent esquissés, jamais approfondis, ce qui réduit l’impact des scènes dramatiques. On pense parfois à un canevas générique sur lequel on aurait greffé des morceaux d’action sans toujours s’interroger sur la cohérence globale.
Les dialogues, souvent fonctionnels, manquent d’ambition. Ils remplissent leur rôle narratif mais ne proposent ni relief, ni tension verbale, ni moment mémorable. S’ajoute à cela une impression répétitive : le film semble parfois tourner en boucle sur ses motifs, sans renouveler sa grammaire visuelle ou thématique.
Le résultat est un thriller qui mise tout sur son énergie brute mais n’offre pas de véritable respiration ou montée dramatique. L’absence de variation limite l’impact final, et laisse le spectateur avec un sentiment de déjà-vu — un assemblage solide par endroits, mais rarement surprenant.
Conclusion et recommandation
Stand Your Ground s’adresse avant tout aux amateurs de séries B musclées, qui cherchent un film direct, sans détour, où la vengeance se règle à coups de poings et de balles. À voir dans de bonnes conditions de streaming ou un festival orienté action/genre, plutôt qu’en salle, tant son esthétique reste typique du marché vidéo.
Dans la filmographie de Fansu Njie et dans le parcours de Daniel Stisen, l’œuvre ne marque pas une étape décisive, mais consolide une direction : celle d’un cinéma d’action compact, brut, qui fonctionne par intensités plutôt que par idées nouvelles. Une proposition honnête, mais qui ne bouleversera pas le genre policier-thriller.
En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
Discussion
Pas encore de commentaire.