
Quand la science-fiction s’égare dans le vide
Introduction — Un voyage spatial qui manque sa trajectoire
Project Gemini, réalisé par Serik Beyseu, ambitionne d’explorer les zones sombres de la science-fiction : isolement, dérive psychologique, menace extraterrestre et mission de sauvetage désespérée. Sur le papier, tout est en place pour un thriller spatial tendu, nourri de mystère et de tension. Pourtant, malgré des intentions louables et une direction artistique souvent séduisante, le film peine à décoller. La faute à un scénario trop fragile, des personnages peu convaincants et une narration qui se perd dans des choix illogiques. Un film qui aurait pu être une belle surprise indépendante… mais qui finit par laisser un goût de déjà-vu.
Synopsis
Dans un futur proche, la Terre est condamnée : un agent pathogène ravage l’écosystème et pousse une équipe d’astronautes à lancer Project Gemini, une mission destinée à trouver une planète habitable. À bord du vaisseau, la tension grimpe lorsqu’une entité mystérieuse s’infiltre dans l’expédition et bouleverse l’équilibre déjà fragile du groupe. Entre survie, paranoïa et quête désespérée d’un refuge pour l’humanité, l’équipage se retrouve face à un ennemi inconnu… et peut-être à ses propres limites.
Les Atouts majeurs
Une direction artistique immersive
Le film parvient à installer une atmosphère crédible grâce à des décors soignés : couloirs métalliques, laboratoires futuristes, interfaces technologiques épurées. Si le budget reste modeste, le design visuel compense en proposant une ambiance cohérente, parfois même élégante. Les espaces confinés et l’éclairage froid renforcent la sensation de huis clos et constituent sans doute l’un des points forts du long-métrage.
Des ambitions thématiques intéressantes
L’idée de départ — la quête d’un nouveau foyer pour l’humanité et le poids de l’échec scientifique — possède un véritable potentiel dramatique. Le film évoque des thèmes pertinents : l’éthique de la survie, la responsabilité collective, la fragilité émotionnelle des équipages isolés. Ces pistes, bien que souvent sous-exploitées, ajoutent une densité bienvenue à un récit qui aurait pu être encore plus creux.
Un effort de mise en scène
Serik Beyseu tente d’imprimer une tension progressive. Les scènes de couloir, les ombres mouvantes, les plans serrés sur les visages expriment clairement la volonté de jouer avec la claustrophobie et l’angoisse. La photographie, bien que parfois inégale, offre de jolis contrastes entre obscurité menaçante et lumière artificielle.
Les Faiblesses et Limites
Un scénario fragile et prévisible
La principale faiblesse du film réside dans son écriture. Project Gemini accumule les clichés déjà vus dans une longue lignée de thrillers spatiaux — de Alien à Life — sans jamais parvenir à y apporter une réelle originalité. Les arcs narratifs sont prévisibles, les révélations peu inspirées, et certaines scènes semblent rallonger artificiellement la durée sans apporter d’information ou de tension supplémentaires.
Des personnages inconsistants
Malgré la présence d’Egor Koreshkov, d’Alyona Konstantinova, Nikita Dyuvbanov et de leurs partenaires de casting, le jeu d’acteur peine à convaincre. Les réactions manquent de naturel, certaines décisions paraissent irrationnelles, et les dialogues, assez plats, n’aident jamais le spectateur à s’attacher à l’équipage. Le résultat : un groupe d’astronautes auquel il est difficile de croire, encore moins de s’identifier.
Des longueurs qui cassent le rythme
La narration souffre d’une construction inégale : le film alterne entre moments d’action précipitée et scènes très lentes, parfois inutiles. Cette gestion maladroite du tempo dilue tout sentiment de suspense ou de danger.
Conclusion et Recommandation
Project Gemini est un film ambitieux mais bancal, qui propose un univers visuel immersif sans réussir à transformer ses idées en véritable expérience cinématographique. Malgré des décors convaincants et un thème de science-fiction prometteur, l’ensemble reste affaibli par un scénario trop convenu, des personnages peu habités et une progression narrative en dents de scie. Pour les amateurs de SF curieux de découvertes indépendantes, le film pourra constituer un visionnage ponctuel, mais sans véritable impact durable. Pour les autres, mieux vaut se tourner vers des œuvres plus solides du genre.
Verdict : une tentative sympathique mais inaboutie.
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