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MEMORIES OF MURDER (2003) ★★★★★

Temps de lecture : 3 minutes
Song Kang-ho et Kim Sang-kyung dans Memories of Murder (2003)
Song Kang-ho et Kim Sang-kyung dans Memories of Murder (2003)

Plus qu’un simple polar, Memories of Murder (2003) est un séisme cinématographique. Bong Joon-ho signe une œuvre hantée, mélangeant satire sociale, humour noir et désespoir pur. Un film parfait, tout simplement.
Note : 5/5

En 1986, dans une province rurale de Corée du Sud, le corps d’une jeune femme violée et assassinée est retrouvé dans les champs. Deux inspecteurs locaux aux méthodes archaïques tentent de résoudre l’affaire avant d’être rejoints par un détective de Séoul. Face à un tueur insaisissable, leur enquête sombre peu à peu dans une obsession dévorante.

  • Une mise en scène virtuose utilisant le décor comme un personnage.
  • L’interprétation monumentale de Song Kang-ho.
  • L’équilibre parfait entre comédie humaine et noirceur absolue.
  • Aucun. Le film gagne en profondeur à chaque nouveau visionnage.

Bong Joon-ho utilise la profondeur de champ pour instaurer un malaise constant. L’assassin semble être partout dans cette immensité grise. La cinématographie, aux couleurs pastelles frôlant le terne, sublime une ambiance particulièrement lourde, notamment lors des scènes de pluie.

Song Kang-ho est magistral en flic de campagne instinctif qui finit par perdre pied. Le contraste avec Kim Sang-kyung (le flic de la ville) illustre le choc entre deux mondes qui s’effondrent face à l’horreur.

Inspiré de faits réels qui ont défrayé la chronique à la fin des années 80, Memories of Murder nous dépeint une Corée du Sud en pleine mutation, où les usines bruyantes poussaient au milieu des zones agricoles. Mais au-delà du cadre historique, nous sommes surtout les témoins d’une incompétence policière qui régnait joyeusement à cette époque.

À l’heure des « Experts« , il est presque amusant (et terrifiant) de voir la méthodologie employée sur les scènes de crime, où la contamination des preuves est systématique. La sympathie pour les enquêteurs vacille face à leurs méthodes d’interrogatoires coercitifs, s’apparentant plus à des méthodes de voyous qu’à celles de représentants de l’ordre. Entre l’absence de preuves et l’obligation d’envoyer les échantillons d’ADN au FBI en attendant patiemment un courrier, la frustration de ne pas progresser devient palpable.

C’est ici que le film puise sa force : il n’y a pas d’action spectaculaire, pas d’explosions, mais une approche narrative originale qui se focalise sur l’esprit de l’enquête et la déchéance psychologique de ceux qui la mènent.

Le meilleur polar de ces trente dernières années. Une quête de vérité qui se transforme en un cri de douleur inoubliable.

  • THE CHASER (2008) : Pour la tension insoutenable.
  • MOTHER (2009) : Pour la virtuosité de Bong Joon-ho.
  • I SAW THE DEVIL (2010) : Pour la noirceur absolue.

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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